Carte de route professionnelle symbolisant l'ascension vers un poste de direction
Publié le 15 mars 2024

Pour atteindre un poste de direction, votre excellence opérationnelle est un prérequis, mais jamais le moteur de votre promotion. La clé réside dans la construction délibérée de votre influence et de la perception de votre potentiel.

  • Votre carrière se joue sur trois axes : la Performance (votre travail), l’Image (ce que les autres pensent de vous) et la Politique (votre visibilité et vos alliances).
  • La promotion n’est pas une récompense pour le travail passé, mais un investissement sur votre potentiel futur perçu par les décideurs.

Recommandation : Cessez de penser comme un expert et commencez à agir comme un stratège politique. Votre premier objectif n’est pas de « faire plus », mais de rendre votre valeur visible aux bonnes personnes.

Vous êtes un cadre ambitieux, vos résultats sont excellents, vos projets sont livrés dans les temps et les budgets. Pourtant, lors de la dernière vague de promotions, c’est une autre personne, peut-être même perçue comme moins compétente techniquement, qui a obtenu le poste de direction que vous convoitiez. Cette situation, frustrante et déconcertante, est le quotidien de nombreux talents qui misent tout sur la méritocratie du travail bien fait. On vous a conseillé de « continuer à faire du bon travail », « d’acquérir de nouvelles compétences » ou de « faire preuve de patience ».

Ces conseils, bien que partant d’une bonne intention, occultent la véritable dynamique du pouvoir en entreprise. Ils vous maintiennent dans un rôle d’exécutant de haut vol, alors que l’accès à la direction exige un changement de posture radical. Et si la clé n’était pas dans l’amélioration continue de votre expertise, mais dans la maîtrise d’un jeu aux règles différentes, souvent implicites ? Si votre plan de carrière ne devait plus être une liste de compétences à acquérir, mais une carte du pouvoir à décrypter ?

Cet article n’est pas un guide de plus sur la gestion de projet ou le développement personnel. C’est une feuille de route stratégique, conçue par un coach de carrière habitué à propulser les hauts potentiels vers le comité de direction. Nous allons déconstruire le mythe de la performance comme unique levier de promotion et vous donner les clés pour bâtir un plan d’ascension réaliste, basé sur la construction de votre influence, la gestion de votre image et la navigation intelligente des sphères de décision.

Pour naviguer efficacement vers les plus hautes responsabilités, il est essentiel de comprendre les différentes étapes de cette ascension stratégique. Le sommaire suivant vous guidera à travers les piliers de cette approche, de la prise de conscience des règles cachées du jeu à la sélection des bons alliés pour votre carrière.

Sommaire : La feuille de route vers la direction : au-delà de la performance

Pourquoi vos compétences seules ne suffiront jamais à vous faire nommer directeur ?

Le malentendu fondamental qui freine la plupart des carrières ambitieuses repose sur une équation erronée : Travail acharné + Résultats excellents = Promotion. C’est une vision scolaire de l’entreprise qui ne résiste pas à l’épreuve de la réalité. La vérité, plus complexe et plus politique, a été modélisée par le consultant Harvey Coleman sous l’acronyme P.I.E. : Performance, Image, Exposition (ou Politique). Votre réussite dépend de ces trois facteurs, dans des proportions souvent contre-intuitives : la Performance (la qualité de votre travail) compterait pour 10%, votre Image (votre marque personnelle, ce que les gens disent de vous en votre absence) pour 30%, et votre Exposition/Politique (votre visibilité auprès des décideurs et votre capacité à naviguer dans l’organisation) pour 60%.

En tant qu’expert technique, vous avez bâti votre carrière sur les 10%. Vous êtes payé pour cela. Mais la promotion, elle, se décide sur les 90% restants. C’est une transition brutale du « faire » au « faire savoir » et « faire valoir ». Le capital technique vous donne de la crédibilité, mais c’est le capital relationnel qui vous donne de l’influence et accès aux opportunités.

Comme le montre cette image, le véritable pouvoir ne réside pas dans l’isolement de l’expertise, mais dans la qualité et la portée des connexions que vous tissez. Ignorer cette réalité, c’est se condamner à être le meilleur joueur d’une équipe qui ne gagnera jamais le championnat, pendant que le coach, qui maîtrise la stratégie d’ensemble, récolte les lauriers. Harvey Coleman lui-même a résumé cette dynamique de façon lapidaire, un principe que tout aspirant à la direction doit graver dans son esprit :

You get paid on performance, you get promoted on what other people think of your potential.

– Harvey Coleman, Empowering Yourself: The Organizational Game Revealed

Accepter ce principe est la première étape pour passer d’un statut d’exécutant à celui de stratège de votre propre carrière. Votre travail n’est plus seulement de résoudre des problèmes, mais de construire activement la perception de votre capacité à en résoudre de plus grands à l’avenir.

Comment définir les 5 étapes clés entre votre poste actuel et votre objectif de direction ?

Une fois que vous avez accepté que la progression est un jeu stratégique, il vous faut une carte. Viser « un poste de direction » est aussi vague que de vouloir « aller au Nord ». Vous avez besoin d’une destination précise et d’étapes intermédiaires claires. La méthode la plus efficace pour cela est le rétro-planning de carrière. Au lieu de regarder vers l’avant de manière incrémentale, vous partez de votre objectif final et vous déconstruisez le chemin pour y parvenir.

Imaginez votre « vous » Directeur dans 10 ans. Quelles sont ses responsabilités exactes ? Quel est son périmètre (P&L, nombre de personnes) ? Quelles compétences clés maîtrise-t-il (négociation à haut niveau, stratégie financière, gestion de crise) ? Une fois ce portrait-robot établi, identifiez les postes-ponts, ces rôles intermédiaires qui vous permettront d’acquérir les briques de compétences manquantes. Par exemple, pour passer de chef de projet technique à directeur de business unit, vous aurez besoin d’un poste intermédiaire incluant une responsabilité managériale et budgétaire.

Ce type de parcours progressif est une réalité dans de nombreux secteurs. Par exemple, l’ascenseur social, bien que ralenti, fonctionne toujours dans certains domaines comme la grande distribution, où un parcours peut être tracé sur le long terme.

Parcours type dans la grande distribution : 15 ans pour devenir cadre

Dans le secteur de la grande distribution, il est courant de voir des parcours de longue haleine où chaque étape prépare la suivante. Selon les données du secteur, 72% des cadres sont issus de la promotion interne. La trajectoire type peut commencer au bas de l’échelle (employé de rayon) pour évoluer vers des postes d’agent de maîtrise (chef de rayon) et enfin, après une moyenne de 15 ans, atteindre des fonctions de cadre comme directeur de magasin. Cet exemple illustre parfaitement le concept de « postes-ponts » où chaque rôle est un tremplin pour acquérir l’expérience nécessaire à l’étape suivante. Votre objectif est de compresser ce délai par une planification stratégique.

Pour systématiser cette approche et la rendre applicable à votre situation, il est crucial de suivre un processus rigoureux. La checklist suivante vous guidera pour construire votre propre feuille de route en 5 étapes.

Votre plan d’action : la méthode du rétro-planning de carrière

  1. Définir l’objectif final : Listez les compétences, responsabilités et le réseau requis pour votre poste cible de directeur à 5-10 ans. Soyez précis.
  2. Cartographier les postes-ponts : Identifiez 2 à 3 postes intermédiaires qui vous permettront d’acquérir les compétences manquantes de manière séquentielle et logique.
  3. Établir des jalons temporels : Fixez des échéances réalistes (ex: Année 2 : obtenir un projet transverse ; Année 4 : prendre le management d’une petite équipe).
  4. Identifier les briques de compétences : Pour chaque jalon, listez les compétences précises à développer (ex: gestion d’un budget >50k€, présentation en CODIR, négociation de contrat).
  5. Créer un document de suivi : Mettez ce plan par écrit et revoyez-le tous les 6 mois pour l’ajuster en fonction de votre progression et des opportunités qui se présentent.

Gravir les échelons en interne ou changer d’entreprise tous les 3 ans : quelle stratégie pour atteindre la direction ?

Une fois votre feuille de route établie, la question de l’exécution se pose : faut-il être loyal et patient, ou mercenaire et mobile ? Les deux stratégies ont leurs partisans et leurs risques. La promotion interne est souvent perçue comme la voie royale, capitalisant sur votre connaissance de l’entreprise et de sa culture. En effet, les entreprises valorisent la rétention des talents qu’elles ont formés. Une étude LinkedIn a montré que les employés restent en moyenne 41% plus longtemps dans les entreprises qui pratiquent activement la mobilité interne. Cela signifie qu’une entreprise qui investit en vous a tout intérêt à vous proposer un chemin de carrière attractif pour vous garder.

Cependant, il faut se garder de toute naïveté. L’attente passive est la pire des stratégies. La réalité des chiffres est brutale : en France, la promotion interne au statut de cadre reste un événement rare. Une étude de l’Apec révélait qu’en 2022, le taux de promotion interne vers le statut cadre n’était que de 1,2%. Cela signifie que sur 1000 salariés non-cadres, seuls 12 ont franchi cette étape en un an. Ce chiffre démontre que la promotion n’est pas un droit ou une suite logique, mais une compétition féroce où seuls les plus stratégiques tirent leur épingle du jeu.

La bonne approche est donc un hybride stratégique : agir comme un « agent libre » à l’intérieur de sa propre entreprise. Vous devez maximiser les avantages de la voie interne (connaissance des acteurs, culture, projets) tout en gardant une mentalité de « job-hopper » (toujours prêt à saisir une meilleure opportunité). Concrètement, cela signifie :

  • Fixer une deadline interne : Donnez-vous une période de 2 à 3 ans sur un poste. Si, à l’approche de cette échéance, aucune perspective claire d’évolution (conforme à votre plan) ne se dessine, activez votre recherche externe.
  • Rendre votre plan visible : Communiquez vos ambitions de manière professionnelle à votre management. Ils ne peuvent pas vous aider s’ils ne connaissent pas votre objectif.
  • Comparer en permanence : Restez à l’écoute du marché. Quel salaire, quelles responsabilités pourriez-vous obtenir ailleurs ? Cela vous donne un étalon pour évaluer les offres internes.

Changer d’entreprise peut offrir des sauts de salaire et de responsabilités plus rapides, mais au prix d’une nouvelle période d’adaptation et de la nécessité de reconstruire entièrement votre capital politique. Rester en interne est plus sûr, mais comporte le risque de la stagnation. La meilleure stratégie est de ne jamais choisir, mais de toujours être en position de pouvoir le faire.

L’erreur des experts techniques qui n’accèdent jamais au COMEX : ignorer la dimension politique

L’obstacle le plus élevé entre un excellent manager et un membre du comité exécutif (COMEX) n’est pas technique, mais politique. Le COMEX est l’arène où se dessine la stratégie globale de l’entreprise, où les ressources sont allouées et où les carrières se font et se défont. Y accéder requiert plus qu’une expertise métier ; cela demande une maîtrise de la « navigation politique ». Pour beaucoup d’experts, le mot « politique » a une connotation négative, associée à la manipulation et aux jeux de couloir. C’est une erreur de perception. La politique d’entreprise, dans son sens noble, est l’art de comprendre les dynamiques de pouvoir, de construire des coalitions et de faire avancer des projets en alignant les intérêts des différentes parties prenantes.

Ignorer cette dimension, c’est se déplacer sur un échiquier en ne connaissant que le mouvement du pion. Vous pouvez être le meilleur pion du jeu, vous serez toujours sacrifié pour une pièce de plus grande valeur stratégique. L’expert technique qui se plaint que « les décisions n’ont pas de sens » est souvent celui qui n’a pas compris la logique politique qui les sous-tend. Il voit l’organigramme officiel, mais ignore la véritable carte du pouvoir.

Votre mission est de décoder cet organigramme informel. Qui influence qui ? Qui sont les « sponsors » potentiels, ces leaders qui ont le pouvoir de défendre votre nom et votre carrière en votre absence ? Qui sont les gardiens des ressources et des informations ? Cette cartographie n’est pas un exercice de commérage, mais une analyse stratégique essentielle. Vous devez apprendre à lire entre les lignes des réunions, à identifier les alliances et les rivalités, et à positionner vos propres initiatives de manière à ce qu’elles servent non seulement vos objectifs, mais aussi ceux de vos alliés potentiels au sein du pouvoir.

Pour commencer ce travail de décodage, voici quelques actions concrètes :

  • Identifier les membres clés du COMEX et du CODIR : Allez au-delà de leurs titres. Quels sont leurs parcours, leurs succès passés, leurs « marottes » stratégiques ?
  • Repérer les décideurs informels : Observez qui, en dehors des lignes hiérarchiques, a l’oreille des dirigeants. Cela peut être un expert historique, un chef de projet charismatique ou un contrôleur de gestion influent.
  • Cartographier les sponsors potentiels : Identifiez 2-3 leaders dont le périmètre est adjacent au vôtre et dont le succès pourrait être positivement impacté par votre travail.
  • Analyser les dynamiques de réunion : Qui prend la parole en premier ? Qui a le dernier mot ? Qui résume et oriente la décision ?
  • Construire des « liens faibles » : Établissez des relations avec des personnes d’autres départements. Un café informel peut vous en apprendre plus sur la stratégie de l’entreprise qu’une présentation officielle.

Cette compétence de navigation n’est pas innée, elle s’apprend et se travaille. Elle est la différence fondamentale entre être un manager respecté et devenir un dirigeant influent.

Quand demander une promotion : après 2 ans dans le poste ou après un gros succès visible ?

La question du « timing » pour une promotion est un casse-tête pour de nombreux cadres. Faut-il se baser sur l’ancienneté dans le poste (« J’y suis depuis 2 ans, il est temps ») ou attendre un alignement des planètes ? La réponse stratégique est claire : une promotion ne se demande pas, elle se constate. Vous devez arriver à la table des négociations non pas en demandant une opportunité, mais en faisant valider une situation de fait : vous occupez déjà, en partie, les responsabilités du poste supérieur.

Le bon moment pour formaliser votre demande est donc une fenêtre d’opportunité que vous avez vous-même créée. Elle se situe généralement 3 à 6 mois après un succès majeur et visible, qui a démontré votre valeur au-delà de votre fiche de poste. C’est à ce moment que votre « capital politique » est à son apogée. Votre demande n’est alors plus une supplique, mais la conclusion logique d’une performance exceptionnelle. La mobilité interne est d’ailleurs souvent un succès pour l’entreprise, car elle capitalise sur une connaissance approfondie du profil ; selon une étude, le taux de succès de la mobilité interne atteint 67% pour les entreprises françaises, précisément parce qu’elles misent sur des potentiels déjà identifiés et éprouvés.

Pour préparer ce moment, vous devez construire de manière continue ce que l’on pourrait appeler votre « dossier de promotion ». Il ne s’agit pas d’un document formel, mais d’un ensemble de preuves tangibles de votre valeur et de votre potentiel. Votre objectif est d’arriver à l’entretien avec votre manager avec un argumentaire si solide que la promotion apparaisse comme la seule décision logique. Ce dossier doit être alimenté en permanence.

Voici les éléments à rassembler pour construire votre argumentaire :

  • Succès chiffrés : Ne dites pas « j’ai bien géré le projet », mais « j’ai livré le projet X avec 10% d’avance sur le budget, générant une économie de 50k€ ». Quantifiez tout.
  • Feedbacks positifs écrits : Archivez les emails de remerciement de clients, de partenaires ou de votre hiérarchie. Ils sont la preuve de votre impact.
  • Responsabilités étendues : Listez les tâches du niveau supérieur que vous avez pro-activement prises en charge (ex : « Je coache les nouvelles recrues depuis 6 mois », « Je représente le service dans le comité X »).
  • Formations et certifications : Mettez en avant les compétences que vous avez acquises et qui sont directement alignées avec les besoins du poste visé.
  • Alignement stratégique : Préparez votre demande pour qu’elle coïncide avec les cycles de revue de performance et de planification budgétaire de l’entreprise.

Le timing parfait n’est donc pas une date sur un calendrier, mais le point culminant d’une stratégie de performance, de visibilité et de documentation. Vous ne demandez pas la permission d’évoluer, vous démontrez que votre évolution est déjà en cours et qu’il est dans l’intérêt de l’entreprise de la formaliser.

Pourquoi monter en compétences au hasard ne fait pas progresser votre carrière ?

Dans le monde du travail, l’injonction à « se former en continu » est omniprésente. Et pour cause, une étude LinkedIn montre que près de 80% des professionnels considèrent la formation comme un facteur clé de leur progression. Cependant, cette statistique cache une réalité plus subtile : toutes les formations ne se valent pas pour votre carrière. Accumuler des certifications dans votre domaine d’expertise (devenir un expert encore plus expert) peut même s’avérer contre-productif pour accéder à un poste de direction. C’est le piège de l’hyper-spécialisation.

Un poste de direction exige un changement de perspective : passer de la profondeur technique à la largeur stratégique. Le directeur n’est pas celui qui sait le mieux « faire », mais celui qui sait le mieux « faire faire » et décider. Par conséquent, les compétences à acquérir ne sont pas des approfondissements de votre savoir-faire actuel, mais des compétences adjacentes qui font le pont vers le leadership. Celles-ci incluent typiquement :

  • La gestion financière : Comprendre un P&L, construire un budget, défendre un business case.
  • Le management d’équipe : Recruter, développer, évaluer, et malheureusement parfois, séparer.
  • La stratégie commerciale : Comprendre les leviers du marché, la concurrence, le positionnement.
  • La communication d’influence : Présenter en CODIR, négocier avec des partenaires, gérer une communication de crise.

Monter en compétences « au hasard » en suivant la dernière formation à la mode sur une technologie de niche, c’est ajouter une pierre à votre tour d’ivoire. Choisir stratégiquement une formation en « Finance pour non-financiers », c’est construire une première marche d’escalier vers l’étage de la direction.

Le développement de votre carrière doit ressembler à la construction d’un chemin, où chaque nouvelle compétence est une pierre qui vous rapproche de votre destination, et non un simple ornement. Votre plan de formation doit être le reflet direct de votre plan de carrière. Avant de vous inscrire à n’importe quelle formation, posez-vous une seule question : « Cette compétence est-elle sur la fiche de poste de mon N+2 ? ». Si la réponse est non, il y a de fortes chances que ce soit une distraction, aussi intéressante soit-elle.

Coaching de carrière, de leadership ou de transition : quel type de coach pour quelle problématique ?

Dans cette quête stratégique, vous n’êtes pas obligé d’avancer seul. Faire appel à un professionnel extérieur est une marque de maturité et d’ambition. Cependant, le monde de l’accompagnement est une jungle de titres et de promesses. Il est crucial de distinguer les trois figures clés qui peuvent accélérer votre parcours : le Coach, le Mentor et le Sponsor. Leurs rôles sont distincts et complémentaires ; les confondre peut mener à de grandes déceptions.

Le Mentor est un guide, une personne plus expérimentée qui partage sa sagesse et ses conseils de manière bénévole. C’est une source d’inspiration et un confident. Le Sponsor, lui, est un allié de pouvoir. C’est une personne influente dans l’organisation qui utilise son capital politique pour défendre votre nom en votre absence, vous donner accès à des projets à haute visibilité et plaider pour votre promotion. Le Sponsor est le fruit de votre stratégie de réseau et de votre performance ; il ne se demande pas, il se gagne. Le Coach est un partenaire rémunéré, un expert des processus de changement. Son rôle n’est pas de vous donner les réponses, mais de vous poser les bonnes questions pour que vous les trouviez vous-même et de vous outiller pour atteindre vos objectifs plus rapidement.

Le tableau ci-dessous, inspiré des modèles de développement du leadership, synthétise ces distinctions fondamentales. Comprendre ces rôles vous permettra de chercher le bon soutien au bon moment.

Coach, Mentor et Sponsor : distinctions et rôles complémentaires
Type Rôle principal Relation Objectif Moment clé
Coach Vous challenger et maximiser votre potentiel Professionnelle et rémunérée Accélérer l’atteinte d’objectifs définis Phase de planification ou transition
Mentor Vous guider grâce à son expérience Bénévole et basée sur la confiance Partager des connaissances et conseils Développement continu dans le rôle
Sponsor Défendre votre nom en votre absence Stratégique et politique Utiliser son capital pour votre avancement Préparation à une promotion majeure

Le choix du « bon » type de coaching dépend de votre phase de carrière, ou de votre « Tour de Service ». Si vous êtes en phase de planification stratégique (définir votre feuille de route), un coach de carrière sera le plus pertinent. Si vous êtes dans un poste et que vous devez développer votre impact managérial, un coach de leadership sera plus adapté. Si vous préparez un changement majeur (prise de poste à haute responsabilité, changement d’entreprise), un coach de transition vous préparera aux défis spécifiques. Chercher le bon type d’accompagnement est en soi une décision stratégique.

À retenir

  • La promotion vers la direction dépend moins de votre performance (10%) que de votre image (30%) et de votre visibilité politique (60%).
  • Votre plan de carrière doit être un rétro-planning partant de votre objectif final, identifiant des « postes-ponts » et des compétences adjacentes stratégiques.
  • La navigation politique n’est pas une option : vous devez activement cartographier les influenceurs et vous trouver un « sponsor » qui défendra votre nom en votre absence.

Comment choisir le bon coach professionnel parmi 50 profils sur LinkedIn ?

Une fois que vous avez identifié le besoin d’un coach, le marché peut sembler saturé. Des dizaines de profils sur LinkedIn se présentent comme « coach professionnel certifié ». Comment faire le tri entre un véritable accélérateur de carrière et un vendeur de conseils génériques ? Le choix de votre coach est l’une des décisions d’investissement les plus importantes que vous ferez pour votre carrière. Il ne doit pas être laissé au hasard. Un premier filtre essentiel est de déterminer le profil de base qui vous convient le mieux : un ancien dirigeant ou un psychologue du travail ?

Le coach ex-dirigeant vous apportera une crédibilité immédiate, une compréhension instinctive de vos enjeux business et un carnet d’adresses potentiel. Il a « vécu » ce que vous traversez. Le coach psychologue, lui, sera plus outillé pour déceler vos blocages inconscients, travailler sur votre confiance en vous et opérer des transformations comportementales profondes. Il n’y a pas de « meilleur » profil en absolu, seulement le plus adapté à votre besoin du moment. Si votre enjeu est la stratégie et la navigation politique, un ex-dirigeant peut être plus pertinent. Si vous luttez avec le syndrome de l’imposteur ou des difficultés relationnelles, l’approche d’un psychologue sera plus puissante.

Coach ex-dirigeant versus Coach psychologue : avantages et inconvénients
Critère Coach ex-dirigeant Coach psychologue
Expérience terrain ✓ Vécu direct des enjeux business et politiques ✗ Expérience indirecte ou absente du monde corporate
Crédibilité immédiate ✓ Partage d’anecdotes et de stratégies éprouvées ✗ Peut manquer de légitimité sur certains sujets business
Outils de transformation ✗ Approche souvent intuitive, moins structurée ✓ Maîtrise des techniques comportementales et cognitives
Profondeur psychologique ✗ Peut ne pas identifier les blocages sous-jacents ✓ Capable de traiter les dimensions émotionnelles complexes
Meilleur pour Stratégie, navigation politique, décisions business Transitions identitaires, confiance en soi, leadership authentique

Au-delà du profil, la sélection finale se fait lors de la « séance de chimie », cet entretien gratuit où vous évaluez le coach. C’est un entretien d’embauche inversé. Ne vous laissez pas impressionner par le jargon ou les certifications. Votre objectif est de tester sa capacité à vous challenger, sa rigueur méthodologique et, surtout, la qualité de son écoute. Préparez cette séance avec des questions puissantes qui vont au-delà de « Quelle est votre méthode ? ».

Voici cinq questions à poser pour évaluer la substance d’un coach potentiel :

  1. « Décrivez une situation où un coaching n’a PAS fonctionné et ce que vous en avez appris. » (Teste l’humilité et la capacité de remise en question).
  2. « Comment adaptez-vous concrètement votre approche si mon objectif change en cours de route ? » (Évalue la flexibilité et l’écoute).
  3. « Quel est votre cadre théorique de référence et comment se traduit-il dans une séance typique ? » (Vérifie la solidité conceptuelle au-delà du marketing).
  4. « Comment définissons-nous ensemble le succès de ce coaching et à quel moment décidons-nous de l’arrêter ? » (Confirme l’orientation vers des résultats mesurables).
  5. « Je fais face au défi X en ce moment. Quelle est la première question que vous me poseriez pour m’aider à y voir plus clair ? » (Teste sa capacité à vous mettre au travail immédiatement).

Choisir un coach, c’est choisir un partenaire stratégique. Prenez ce choix aussi au sérieux que le choix d’un membre de votre propre comité de direction personnel.

Vous avez maintenant la feuille de route et les règles du jeu. Le passage de la théorie à la pratique ne dépend que de vous. Votre carrière n’est pas une chose qui vous arrive, c’est un projet que vous dirigez. L’étape suivante consiste à appliquer ce cadre à votre situation unique, à commencer votre audit de carrière et à prendre la première décision stratégique qui vous mettra sur la voie de la direction.

Rédigé par Laurent Morel, Laurent Morel est coach professionnel certifié ICF (PCC) et consultant en leadership et management. Diplômé de l'ESSEC Business School et formé au coaching par l'Institut Français de Coaching, il a accompagné plus de 300 managers et dirigeants dans leur développement professionnel. Il intervient depuis 12 ans sur des programmes de coaching individuel et collectif, de renforcement du leadership et d'accompagnement des transitions de carrière.